La Fondation Jean-Jaurès s'appuyant sur les données de Doctolib publie une carte de France de l'accès au soin en 2026, selon les différentes professions de santé libérales.
L'étude porte sur 80 000 praticiens libéraux utilisateurs de Doctolib et représente plus de 234 millions de consultations réalisées en 2025. Elle couvre dix professions de santé libérales, réparties entre soins de premier recours (médecins généralistes, pédiatres, masseurs kinésithérapeutes, sages-femmes, chirurgiens-dentistes) et spécialités (cardiologues, dermatologues, gynécologues, ophtalmologues, psychiatres).
La cardiologie présente le délai médian le plus long : 42 jours médians d'attente pour un rendez-vous. Seuls 8% des rendez-vous peuvent être assurés dans les 48 heures, 82% au-delà de 7 jours. Viennent ensuite les dermatologues (32 jours de délai médian), et les ophtalmologues (21 jours médians). Plus de 70% des rendez-vous dans ces disciplines sont obtenus au-delà de sept jours.
L'ophtalmologie fait figure d'exception : à effectifs quasi constants, le délai médian a été divisé par deux depuis 2017 (de 43 à 21 jours), "principalement grâce au travail aidé (85% des praticiens) et à la réorganisation de la filière visuelle", explique l'étude.
L'accès aux soins libéraux en France est toujours très inégal, selon la spécialité consultée et le lieu d'habitation:
La téléconsultation permet de réduire les délais, passant à 0,9 jour en médecine générale et à 3,8 jours en dermatologie. En médecine générale et en pédiatrie, plus de 60% des téléconsultations sont obtenues en moins de 48 heures. Mais la pratique reste marginale dans la plupart des spécialités (moins de 3% de l'activité hors psychiatrie et médecine générale).
Les résultats de l'étude mesurent les rendez-vous effectivement réalisés via Doctolib. Ils ne comptabilisent ni les recherches infructueuses, ni la proportion de rendez-vous non obtenus, ni le renoncement aux soins, ni le refus de nouveaux patients. 63% des répondants déclarent ainsi avoir renoncé à chercher un rendez-vous au cours des 12 derniers mois, en majorité faute de créneau horaire compatible (45%) ou de rendez-vous disponible (35%).
Le renoncement n'est pas concentré sur les publics précaires, mais plutôt chez les cadres (71%) et les 25-34 ans (75%). Les ouvriers (63%) ou les personnes sans activité (63%) arrivent ensuite. Les contraintes horaires pèsent donc autant que les contraintes financières, selon l'étude.
L'étude est consultable ici !




