Le total des dépenses liées aux arrêts de travail atteint aujourd'hui près de 20 milliards d'euros avec une augmentation d'un milliard supplémentaire chaque année.
Sur 6 ans le montant des indemnités journalières a bondi de 45 %, une trajectoire jugée “soutenable ni pour les finances publiques, ni pour les entreprises” selon le gouvernement.
Les ministres du Travail, de la Santé et des Comptes publics ont présenté le 9 avril 2026 un plan articulé autour de trois priorités : la prévention des accidents et maladies au travail, la réduction du nombre et de la durée des arrêts, et la lutte contre les abus.
Le gouvernement cible en priorité les arrêts courts qui "augmentent de façon très importante" et "désorganisent l'entreprise" selon la ministre de la Santé Stéphanie Rist, même s'ils ne sont pas les plus coûteux. Elle a par ailleurs annoncé un décret "d'ici l'automne" pour sanctionner le nomadisme médical : en 2024, plusieurs milliers d'assurés avaient bénéficié d'arrêts délivrés par au moins cinq généralistes différents.
Les arrêts longs quant à eux concentrent 82 % de la dépense totale alors qu'ils ne représentent qu'un quart des arrêts prescrits.
Mesure centrale du dispositif : un outil numérique permettra aux employeurs de signaler directement à la CNAM des arrêts de travail jugés suspects. L'Assurance maladie prévoit 740 000 vérifications en 2026.
Dès septembre 2026, la durée des arrêts sera limitée à un mois maximum pour un premier arrêt, deux mois en cas de prolongation sauf situations particulières. Les médecins devront préciser les motifs et pourront être amenés à solliciter un avis du contrôle médical au-delà de certaines durées.
Sur le terrain de la prévention, un "kit clé en main" a été mis en ligne pour aider les entreprises à évaluer leurs pratiques et améliorer la prévention des risques. Les partenaires sociaux seront associés aux travaux "tout au long du printemps" dans le cadre de la Conférence travail, emploi, retraites.




